Description
vision africaine de l’eau pour 2025
A l’aube de ce nouveau millénaire, l’Afrique se trouve confrontée à de sérieux problèmes socio- économiques nécessitant de mesures correctives urgentes si l’on veut renverser les tendances actuelles vers un état de pauvreté endémique et de sous-développement généralisé.
Le rôle crucial de l’eau dans la réalisation des objectifs de développement socio-
économique est largement reconnu.
D’une façon générale, l’eau ne saurait constituer un frein au développement de l’Afrique qui semble regorger de vastes ressources en eau.
En effet, l’Afrique possède de grands fleuves, de grands lacs, de vastes zones humides, et de ressources en eau souterraines modestes mais répandues sur le continent.
Par ailleurs, l’Afrique possède d’énormes potentialités de production d’énergie hydroélectrique.
Cependant, il est fort regrettable que l’on ne puisse compter sur une exploitation durable de ces ressources hydriques en raison des dangers que posent les phénomènes naturels et les activités anthropiques.
Parmi les dangers naturels figurent :
• la multiplicité de bassins transfrontaliers
• la variabilité excessive du climat et des précipitations dans l’espace et dans le temps,
allant de pair avec le changement climatique
• la pénurie croissante de l’eau à travers le rétrécissement de certains plans d’eau et
l’avancée du désert.
Les problèmes causés par les activités anthropiques comprennent :
• la mauvaise gouvernance et l’absence de structures institutionnelles pour la gestion
de bassins hydrographiques nationaux et transfrontaliers ;
• l’épuisement de ressources en eau causé par la pollution, la dégradation de
l’environnement et la déforestation ;
• la carence de investissements devant faciliter l’évaluation, la protection et la mise en
valeur de ces ressources ;
• le financement inadéquat des services d’approvisionnement en eau et
d’assainissement.
Ces problèmes constituent des défis à relever en matière de gestion des ressources en eau du continent et de solution des conflits d’intérêts entre l’eau, l’assainissement, la sécurité alimentaire, le développement économique et la protection de l’environnement.
En réalité, il est indubitable qu’on ne peut trouver des solutions à ces problèmes tant
que perdurent les vielles pratiques en matière de gestion de l’eau aux niveaux national et
international. La situation serait désastreuse, car elle mènerait à un avenir où les ressources
hydriques disponibles s’avéreraient inadéquates pour satisfaire les multiples demandes imposées pour les besoins de la vie, du développement économique et de l’environnement.
Trouver des solutions à ces dangers fait ressortir la nécessité de concevoir une nouvelle vision sur la question de l’eau, et d’élaborer un cadre d’actions permettant de concrétiser cette vision.
La Vision africaine de l’eau 2025 vise donc à éviter les conséquences désastreuses des problèmes ci-dessus et créer un avenir où le potentiel des ressources en eau de l’Afrique serait pleinement exploité afin de stimuler et de renforcer le développement économique et le bien-être social de la région.
Cette vision commune est libellée comme suit :
UNE AFRIQUE OU LES RESSOURCES EN EAU SONT UTILISEES
ET GEREES DE MANIERE EQUITABLE ET DURABLE POUR
LA REDUCTION DE LA PAUVRETE, LE DEVELOPPEMENT
SOCIO-ECONOMIQUE, LA COOPERATION REGIONALE ET LA
PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT.
1. l’accès durable aux services d’approvisionnement en eau et d’assainissement sûrs et
adéquats est assuré pour la satisfaction des besoins élémentaires de tous ;
2. l’eau est facilement disponible pour les besoins de sécurité alimentaire et
énergétique;
3. il existe de l’eau de qualité en quantité suffisante pour la conservation des écosystèmes
et de la biodiversité ;
4. les institutions de gestion des ressources en eau sont réformées en vue de créer un
environnement favorable à une gestion efficace et intégrée de l’eau dans les bassins
nationaux et transfrontaliers, notamment la gestion à une plus petite échelle ;
5. les bassins hydrographiques sont le fondement de la coopération régionale et du
développement, et sont traités comme des ressources naturelles partagées par tous
ceux qui y vivent ;
6. il existe un nombre suffisant de spécialistes de l’eau motivés et hautement qualifiés ;
7. il existe un système efficace et financièrement viable de collecte, d’évaluation
et la diffusion des données sur les bassins hydrographiques nationaux et
transfrontaliers ;
8. des stratégies efficaces et durables existent en vue de remédier aux problèmes
d’origine naturelle ou anthropique relatifs aux ressources en eau, y compris les
changements et la variabilité du climat;
9. l’eau est financée et tarifée en vue de promouvoir l’équité, l’efficacité et la
durabilité ;
10. il existe une volonté politique, une prise de conscience du public et un engagement
de tous en faveur de la gestion des ressources en eau, y compris l’intégration d’une
perspective sexospécifique et des préoccupations des jeunes, ainsi que le recours aux
approches participatives.
La concrétisation de cette vision sera fondée sur les actions suivantes :
• renforcement du système de gestion des ressources en eau ;
• amélioration des connaissances relatives à l’eau
• satisfaction des besoins urgents en eau
• renforcement des structures financières aux fins de la concrétisation de la vision
future de l’eau
Cette vision appelle une nouvelle conception de la question de l’eau ainsi qu’une nouvelle formule de coopération régionale. Au niveau régional, il s’agira de favoriser le partenariat et la solidarité entre les pays partageant les mêmes bassins hydrographiques.
Au niveau national, il s’agira de réviser fondamentalement les politiques, stratégies et cadres juridiques, et également de changer les structures institutionnelles et les pratiques de gestion.
Cette démarche nécessite l’adoption d’une approche participative de la gestion de l’eau, voire à la plus petite échelle ;
elle nécessite aussi la prise en compte des questions de genre et des problèmes de la jeunesse.
A l’échelle mondiale, il faudra mobiliser l’assistance des partenaires au développement de l’Afrique qui contribueront au fonds de démarrage des initiatives urgentes nécessaires pour soutenir la gestion durable des ressources en eau de la région.
Pour réussir, il s’agira surtout de
se conformer aux facteurs clés suivants :
• ouverture et transparence dans le processus décisionnel;
• capacité de produire et de recevoir des connaissances et des informations ;
• coopération et travail d’équipe pour tous les pays de la région afin d’atteindre les
objectifs communs et mutuellement bénéfiques ;
• volonté et aptitude à prendre des décisions difficiles concernant l’orientation et la ligne de conduite à suivre dans l’avenir, conformément aux dispositions de la Vision
commune sur l’eau ;
• évaluation judicieuse des diverses étapes ; »la situation actuelle », « les aspirations »
et « comment y parvenir ? »;
• adoption de formules de financement et de recouvrement de coûts équitables et
durables, tout en tenant compte des préoccupations des démunis ;
• volonté politique et soutien des populations à la base.
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